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Pourquoi les règles génèrent-elles des inégalités ?

Les règles sont loin d’être un phénomène anecdotique pour la population féminine. À l’échelle d’une vie, les cycles cumulés représentent sept années, et avec elles son lot d’inégalités. Sur ce sujet, vous pensez immédiatement « précarité menstruelle » ? Vous avez raison, mais le champ des inégalités est malheureusement bien plus vaste. Faisons ensemble le tour du problème.

Les règles creusent les inégalités économiques

Qui dit règles dit achat contraint. Tampons, serviettes, cups…quelles que soient les protections périodiques qu’elles utilisent, les femmes doivent bien les payer, cette dépense posant toujours un souci sur le plan de l’égalité femmes-hommes.

Il y a la précarité menstruelle, mais pas seulement

Selon les chiffres du Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, la précarité menstruelle touche 2 millions de femmes. Il existe donc des inégalités au sein même de la population féminine, une part importante de celle-ci n’ayant pas les moyens financiers de se procurer des protections périodiques.

Pour autant, si la précarité menstruelle place les femmes en grandes difficultés financières dans une situation particulièrement indigne et injuste socialement, elle s’inscrit avant tout dans une problématique de précarité « tout court ». Elle doit dès lors être évidemment prise à bras le corps, mais n’en faisons pas l’arbre qui cache la forêt ! En réalité, et parce que les femmes sont bien les seules à devoir acheter des tampons et serviettes, leurs règles font peser sur elles une contrainte économique spécifique, laquelle existe quels que soient leurs moyens financiers.

« Les protections périodiques, c’est comme les rasoirs » 

Face à la proposition de rendre les protections périodiques gratuites pour compenser le coût des règles supporté par les femmes, il est fréquent de voir surgir l’argument suivant : pourquoi donc les décharger d’une telle dépense, alors que les hommes achètent bien des rasoirs ? La réponse est assez simple. Tout d’abord, il se trouve (scoop !) que les femmes ont également des poils, et que bon nombre d’entre elles consacrent elles aussi une part de leur budget à leur élimination.

Ensuite, les protections périodiques sont des produits « à part », dont les femmes ne peuvent pas se passer. Sans tampons ni serviettes, c’est en effet la tache assurée, mais aussi toutes les conséquences associées, qu’il s’agisse d’inconfort physique, de la nécessité de racheter d’autres vêtements, de la gêne ressentie ou encore de la perte de confiance en soi. Existe-t-il un produit équivalent dans le quotidien des hommes ? Un produit dont le manque engendrerait de telles conséquences matérielles, morales et sociales ? Si vous cherchez bien, vous n’en trouverez qu’un, à savoir le papier toilette. Or, celui-ci est très largement proposé gratuitement en entreprise, dans les bâtiments publics et dans les écoles.

Certes, ce « service » est bien utile, pour les femmes comme pour les hommes, mais il illustre une conception bien particulière (pour ne pas dire genrée) de la façon dont traiter les fluides et matières rejetées par le corps humain. Lorsqu’il est question (appelons un chat un chat !) d’urine et de selles, il est admis que tout le monde puisse accéder facilement à du papier toilette. Mais dès lors que le fluide en question est propre au corps féminin (le sang menstruel), il deviendrait subitement logique que les personnes concernées en fassent leur affaire personnelle, en assumant seules le coût des protections à prévoir.
Voilà qui pose tout de même question, non ?

Les règles et le « millefeuille des inégalités » 

Pour finir sur le terrain des inégalités économiques, il est utile de rappeler que la nécessité pour les femmes d’acheter des tampons et serviettes s’inscrit dans un contexte déjà inégalitaire, comme le démontrent ces quelques données issues de l’édition 2022 de l’ouvrage « Femmes et hommes, l’égalité en question » de l’INSEE.

  • Même s’il progresse, le taux d’activité des femmes reste inférieur à celui des hommes (68% des femmes sont actives contre 75% des hommes).
  • Les femmes sont plus impactées dans leur activité professionnelle que les hommes lors de l’arrivée des enfants (81% des femmes sont en activité contre 96% des hommes, avec trois plus de temps partiel chez les mères que chez les pères).
  •   En 2019, le revenu salarial des femmes était encore inférieur en moyenne de 22% à celui des hommes.

S’ajoute à cela la taxe rose, qui fait que la plupart des produits mixtes sont plus chers dès lors qu’ils s’adressent aux femmes. Si vous ne l’avez jamais fait, nous vous invitons à comparer le prix des rasoirs (oui, encore eux !). Vous constaterez ainsi que même si les matériaux sont identiques, un rasoir dit « féminin » coûte en général bien plus cher qu’un rasoir « pour homme » (la différence résidant le plus souvent dans la couleur de l’emballage). Le bilan est donc sans appel : l’achat contraint de protections périodiques s’inscrit dans un monde dans lequel les femmes gagnent moins et payent plus cher que les hommes ! Autrement dit, les règles ne font qu’ajouter une couche d’inégalités à un millefeuille existant.

Les règles engendrent des inégalités sociales plus larges 

Les règles coûtent cher, et pas seulement sur le plan financier. Bien-être physique et psychologique, scolarité, travail…les menstruations ont un impact sur les femmes souvent minimisé, voire méconnu.

Des inégalités sur le plan de la santé 

Le fait d’être une femme donne lieu à des pathologies particulières, telles que les fibromes utérins, l’endométriose, la dysménorrhée (règles douloureuses) ou encore le syndrome des ovaires polykistiques (SOPK). Mais indépendamment de l’existence de ces maladies, il faut savoir que les femmes sont aussi exposées à des risques sanitaires liés aux protections périodiques qu’elles utilisent.

Sans grande surprise, les femmes en situation de précarité menstruelle qui utilisent des solutions de fortune (journal, papier toilette, chiffons…) sont ainsi concernées par des allergies et irritations. Il en va cependant de même pour celles qui disposent des moyens financiers pour acheter des tampons et serviettes, mais, qui pour maîtriser un budget limité ou par manque d’informations, se tournent vers des produits contenant des substances toxiques ou irritantes (dioxines, perturbateurs endocriniens…).

La charge mentale des règles, on en parle ? 

De nombreuses études démontrent qu’il existe aujourd’hui encore une répartition inégale des tâches domestiques, les femmes portant de surcroît davantage la charge mentale. Payer les factures, organiser les repas…elles sont nombreuses à assumer un travail de planification et de gestion qui occasionne fatigue et stress. Dans leurs agendas souvent surchargés et leur cerveau encombré, les règles ne font pas figure d’un détail.

« Quand est-ce que je vais avoir mes prochaines règles ? » « Est-ce que j’ai pris ce qu’il faut ? » « Mince, j’ai mes règles, où trouver des tampons à proximité ? » Chaque mois (voire plus souvent en cas de règles irrégulières), les règles viennent rallonger la liste des « choses auxquelles il faut penser ».

Les règles impactent l’égalité des chances

Savez-vous qu’en France, 130 000 jeunes filles manquent régulièrement les cours au collège ou au lycée, par manque de protections périodiques ? Qu’elles se trouvent par conséquent privées de l’accès au service public de l’enseignement plusieurs jours par mois ?

Même en entreprise et avec un salaire, les femmes se trouvent « freinées » dans leur progression à cause de leurs règles, le sujet étant encore tabou et peu (voire pas) pris en considération. Selon un sondage Opininon Way pour Règles élémentaires réalisé en avril 2022, 30% des femmes déclarent avoir déjà manqué le travail à cause de leurs règles. Au-delà des absences, avoir ses règles en entreprise donne lieu à des situations embarrassantes (règles qui arrivent en avance, oubli de prendre le nécessaire…), avec des répercussions sur l’activité professionnelle (retard en réunion par exemple) ou la qualité de vie au travail.

« Tu as tes règles ou quoi ? » 

Vous avez certainement déjà entendu cette expression qui, à elle seule, est vectrice d’inégalité. En effet, ce genre de petite phrase fait tout simplement partie de ce qu’on appelle les « stéréotypes de genre », c’est-à-dire de croyances qui viennent limiter le champ des possibles. En l’entendant, les jeunes filles et les femmes se trouvent renvoyées à un rôle social qui leur est assigné, ce qui réduit de façon insidieuse leur chance de progresser dans leur scolarité ou leur vie professionnelle.

Précision utile : le fait que les règles donnent lieu à des discriminations ne relève pas d’une simple vue de l’esprit. Le Baromètre Règles élémentaires 2022 précité révèle ainsi qu’une jeune fille sur deux déclare avoir souffert ou connaître quelqu’un ayant souffert de discriminations à l’école à cause des règles (moqueries, humiliations…).

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